Le rédacteur n’est pas un typographe !

 

Chacun son métier !… Depuis l’avènement des traitements de textes, tout un chacun se croit typographe. Misère !

Misère pour la typographie qui devient ainsi un art terriblement malmené ;

mais misère aussi pour la rédaction technique !

Savoir-faire du typographe

Fournir de l’habillage de texte…

A ce stade, la rédaction technique  se dénature et perd ses valeurs fondamentales. Et c’est grave !

Le rédacteur passe bien trop de temps à fignoler, fignasser les mises en page. Des heures, des journées entières sont consacrées à ce rafistolage.  Pour quel résultat ?

Oui, je vous vois venir « Pour que cela soit agréable à l’oeil. Pour que ce soit joli à regarder ».

Ainsi donc le rédacteur passe des  semaines entières à formatter, … pour fournir un document visuellement attrayant. Quel beau métier ! Le rédacteur est artiste ? Pourquoi alors s’appelle-t-il rédacteur et non pas coloriste, ou layouteur ?

Un rédacteur digne de ce nom est chargé de fournir du contenu, pas de l’habillage.  Et ce contenu doit être UTILE à l’utilisateur.

Utile, utile, … vous avez dit utile ?

Ainsi, lorsque Thérèse veut débloquer son téléphone, elle va chercher la solution au

problème dans le manuel. Elle veut obtenir l’information pertinente

dans les secondes qui suivent ! Un recueil riche en enluminures

ne sera certainement pas la solution…

Enluminures celtiques

 

 

 

 

Consacrer trop de temps à la mise en page nuit profondément à la profession. En effet, cette activité donne, aux employeurs et donneurs d’ordres, l’impression que le rédacteur technique est une dactylo améliorée qui est payée pour faire de la mise en page. Ce rédacteur-là ne pense pas contenu, utilisabilité et définition de  l’utilisateur-cible.

Un mode d’emploi manuscrit ?

Parfois, on aurait vraiment envie de faire un flash-back. Les « anciens » rédacteurs rédigeaient à la main, raturaient, découpaient et recollaient. Ensuite, ils passaient leur manuscrit à la dactylo qui mettait en page. On était en présence de deux métiers distincts.

Maintenant, quiconque sait manier plusieurs logiciels s’auto-proclame Rédacteur Technique !

On sent toutefois un vent de changement. Dans les projets DITA bien implémentés, le rédacteur ne rédige plus de manuel, mais des « topics » sans se soucier du formattage ! En effet, si l’outil de rédaction sous DITA est bien élaboré, le formattage est automatisé par le logiciel. Le rédacteur ne s’acharne plus sur la balise « Mettre en gras », mais se concentre sur la terminologie, sur le parallélisme et sur la rigueur à employer dans la formulation d’un titre, par exemple.

Les vraies bases du métier

Et voilà le rédacteur revenu aux bonnes bases de son métier !  Il pense, il analyse, il observe, il questionne et ensuite organise ses « topics ». OUF ! on l’a échappé belle …

Mais il aura fallu une bonne décennie durant laquelle nous avons vu les jobs se délocaliser par centaines en Inde et en Chine, au motif que la mise en page y était nettement moins cher. Les choeurs de pleureuses s’indignaient « Mais ils ne savent pas travailler comme nous ! Ils n’ont pas le sens de la qualité… ». Erreur ! Si notre travail consistait à aligner les textes à gauche et à droite, à inclure un espace de 2,5 lignes entre le titre et le début du texe , alors, cela pouvait très facilement être délocalisé.

Lorsque nous sommes en mesure de démontrer la valeur ajoutée par notre activité de _communicateur technique_, nous pouvons justifier notre job et notre salaire.

 

 

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